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Retour Correspondances Correspondance de BONNOT Eugène frère de mon arrière-grand-mère paternelle depuis le mois de mai 1915 Liste des cartes postales représentées (nombre) Marseille 13000 (1)
Versailles 78100 (3)
TUNISIE : Carthage (1) Hammam (1) Monastir (2) Tozeur (1) Tunis (8) Tunisie (2) SERBIE : Belgrade (1) ; GRECE : Salonique (8) DIVERS (13) LETTRES : (10) Chronologie
succinte de
la correspondance
un bon
livre pour connaître le quotidien des soldats de 14-18 :
La Grande Guerre inconnue de François ROUX aux éditions de Paris Max Chaleil, 2006 Cliquer sur les images pour agrandissement envoi du 23 mai 1915
"Arrivé à 9h du matin. Départ à 11h pour Tunis. Journée superbe, mer très belle. J'embrasse tout le monde et les enfants. Adieu (!!!). "
envoi du 28 mai 1915
" René, je suis arrivé à Tunis le 26, je suis en bonne santé. Voici mon adresse 4° Zouaves, Bataillon F, Compagnie 1 Tunis. "
envoi du 28 mai 1915
" Chers parents, comme je vous l'ai dit vous aurez de mes nouvelles toutes les semaines une fois ou deux car nous avons deux courriers par semaine. Comme chaleur nous n'avons pas à nous plaindre, il fait chaud naturellement, mais c'est supportable. Nous sommes très bien nourri, nous avons un quart de pinard à chaque repas, la nourriture est beaucoup mieux préparée qu'en France. Je ne regrette pas d'avoir quitté la France. Pour moi, me battre d'un côté ou de l'autre cela n'a pas d'importance. Je vous demandé 100 (F ?) car je
compte repartir bientôt et là-bas les correspondances seront surement
plus longues.
Ne vous faites pas de chagrin, faites comme moi, je fais mon devoir avant tout. Si toutefois il m'arrive quelque chose, vous le saurez de suite, je ne regrette qu'une chose, c'est de vous faire de la peine. Embrassez bien les enfants pour moi et bien le bonjour à Louis car je n'ai pas son adresse. Votre fils, frère et Oncle pour la vie. Bien des choses à René. Bonne santé. "
envoi du 30 mai
1915
" Chers parents. Quelques mots pour vous donner de mes nouvelles. pour le moment je suis en bonne santé et je souhaite que ma carte vous trouve de même. Comme vous le savez, je fais parti d'un bataillon en formation pour l'Orient. je peux très bien rester à Tunis encore 15 à 20 jours, du 15 février au 20 août cela fait 4 mois. (?) Il y a à Tunis au moins 4000 italiens. tous les jours nous assistons au départ d'un bateau de mobilisés qui rejoignent leur pays, il ne va rester à Tunis que les Juifs et les Arabes. Comme service à la caserne, nous ne sommes pas trop foulés malgré tout nous sommes un peu plus serré qu'en France. Discipline, discipline. Nous sommes dans des casernes en dehors de la ville à côté du village Bicots (?). Comme nourriture nous n'avons pas à nous plaindre. Aujourd'hui Dimanche je me trouve à Bizerte, 38 km de Tunis en passant par Sousse et Lagoulette. Quand je saurais le jour de mon départ je vous le ferais savoir. Bien le bonjour à toute la famille. "
envoi du 22 juin
1915
" Chers parents, Chère soeur, Neveux et Nièce, quelques mots pour vous rassurer. Je suis toujours à Tunis et je ne m'en plains pas. nous avons du 4° Chasseurs d'Afrique qui rentre en France et le 22° tringlots (?) qui part pour l'Orient. Pour nous les bruits courent que nous devons faire colonne en Tripolitaine dans les colonies italiennes car tous les italiens sont au front. Si toutefois c'était vrai, la guerre serait fini pour nous. Pour ma part je compte plutôt partir pour l'Italie, chose qui pourrait bien se faire. Je reçois très bien toutes les lettres, elles mettent 5 ou 6 jours suivant le courrier. J'ai reçu des nouvelles de Louis. tant qu'à moi, je suis toujours en bonne santé et j'espère que ma carte vous trouve de même. Votre fils, frère, Neveux et nièce qui vous embrasse. "
envoi du 23 juin 1915
" J'ai reçu ta carte qui m'a fait grand plaisir d'avoir de vos nouvelles. Moi je suis toujours en bonne santé et je m'attend à repartir d'ici peu pour une destination inconnue. Je vous tiendrais au courant. recevez de votre neveu une cordiale poignée de main. "
envoi du 24 juin 1915
René, quelques mots pour vous donnr de mes nouvelles. Pour le moment la situation n'est pas trop mauvaise. Je suis toujours à Tunis en attendant le départ. Je cois bien que les Dardanelles ne sont pas pour nous. On parle de nous envoyer en colonne dans le sud Oranais du côté de la Tripolitaine. Je ne peux pas vous l'affirmer, ce sont des bruits qui courent. Si cela était vrai , la campagne serait finie pour moi, et je n'en serai pas fâché. En tout cas, je n'ai pas été si bête que cela, il y a déjà plus d'un mois que je serais reparti au front, en attendant je me les roule. Seulement mon vieux, le Dahomet brûle la gueule, il fait une chaleur épouvantable ce qui nous remet (?) le soir on va chercher chicane aux bicots (!!!) et après on leur tane la peau. je ne vois plus rien à vous dire, je vous serre cordialement la main. "
envoi du 26 juin 1915
" Mon Vieux Bout de Zan, je crois que tu n'auras pas à te plaindre, tu as dû recevoir la binette de ton vieux poilu de Zouave et je cois qu'il se pose là deux minutes. Mais moi, c'est votre binette à vous tous que je voudrais avoir, car être si loin, ça me ferait bien plaisir de vous voir de temps en temps au lieu d'acheter des bonbons cela me ferait plaisir. Maintenant si je m'appellais ta grand-mère, je te donnerais la fessée de temps à temps pour t'apprendre à être sage, mon vieux Casimir. Et Germaine mange t-elle encore ses ongles, est-ce qu'elle veut faire concurrence aux bicots (!?!). Je crois qu'elle doit se corriger et si elle ne rapporte pas un pardessus au certificat (?) si je suis encore à Tunis et qu'elle soit reçue je lui enverrai de Tunis un beau souvenir arabe. Maintenant je n'ai pas besoin de recommander à René d'avoir l'oeil sur vous et de me remplacer. Je le crois assez grand et raisonnable pour comprendre ce que je veux dire. Mon vieux bout de Zan, je ne vois plus rien à te dire pour le moment. Ton poilu qui te serre la louche.
envoi du 26 juin 1915
" Chers parents et soeur, je viens de recevoir ta lettre du 20 et je suis très content de vous savoir en bonne santé. Moi la santé est bonne malgré les épidémies, dysentrie, gale, typhoïde. Mettez vous dans l'idée que le changement de température à amener des épidémies jusqu'à l'instant moi à biche (?) seulement il faut faire attention la nuit toujours coucher avec sa ceinture de flanelle ce qui est le principal de tout. Pensez-vous qu'ici à midi il fait 39-40 degré de chaleur. Le soir en nous couchant, les trois quart se mettent tout nu et comme les nuits sont excessivement fraîches, voilà des gars qui ont la dysentrie. Comme je te l'avais dit on devrait nous vacciner contre le choléra mais cela n'a pas eu lieu. J'ai envoyé ma frimousse à toute la famille. Tu feras comprendre à René que je t'en ai envoyé une, mais je vais lui en envoyer une petite. Je reçois deux lettres de Paris chaque semaine et je suis très content. La dernière, je l'ai reçu en même temps que la tienne. Vos lettres mettent 5 jours pour parvenir, cela dépend beaucoup du bateau. J'ai reçu également des nouvelles de Mesves auxquelles j'en envoyé une photo, une de Josnes. Tu vois que je ne suis pas oublié et tu sais ça fait plaisir des nouvelles, étant si loin. Papa a-t-il reçu ma carte et René reçoit-il mes lettres. Rien de lui. Je ne vois plus rien à te dire. Reçois de ton frère ses meilleurs baisers. "
envoi du 5 juillet 1915
" Chers parents. Je commence à être inquiet, il y a 8 jours que je n'ai reçu aucune lettre. Etes-vous malade ou est-il arrivé quelque chose à la maison ? Donnez moi donc de vos nouvelles. Moi, je suis toujours à Tunis. En attendant il est parti 800 hommes pour les Dardanelles. Nous autres ce sera probablement pour le prochain renfort. On parle fort de retourner en France, moi je n'y tiens guère car de la manière dont les opérations marchent, je compte une seconde campagne l'hiver aux Dardanelles, nous serions moins exposé aux rigueurs de l'hiver. Pour le moment, je suis toujours en bonne santé et je souhaite que ma carte vous trouve tous de même. J'ai écrit à René et je n'ai pas encore reçu de réponse. Que devient-il, est-il toujours à Fontainebleau ? Donnez-moi donc des détails car je me demande tous les jours s'il est parti. demain j'envoie à ma filleule ma photo en couleur à une condition ! si elle a son certificat d'étude elle l'emportera comme souvenir et si elle ne l'a pas elle restera à la maison. Enfin chers parents je ne vois pas grand chose à vous dire pour le moment. Recevez tous toute l'affection que j'ai pour vous. " Mention : " Cette croix indique ma chambre à coucher. "
envoi du 12 juillet 1915
" Vieux bout de Zan, j'ai très bien reçu vos cartes. Je suis très heureux de vous savoir tous en bonne santé. Je suis toujours à Tunis et compte y rester encore quelques temps. Le temps est très beau. A Tunis nous avons 44 degrés à midi. Je t'envoie cette carte où je suis en photo, cela se trouve à l'incendie qui a duré 2 jours, tu parles d'un feu. Je suis très heureux que Germaine est reçu son certificat d'étude, comme cadeau je lui ai envoyé ma photo en couleur. Nous allons être vacciné lundi pour la troisième fois. Cela ne fait pas souffrir, rien du tout, c'est absolument rien du tout. Je vous remercie tous de votre bon coeur et je vous envoie tous mes meilleurs baisers. Votre oncle qui vous aime. "
envoi du 9 août 1915
" Chère Grand-mère, Chère Tante, cousins et cousines. Etant parti de Salonique le 23 juillet, nous sommes arrivés à Toulon aujourd'hui. Nous avons eu une très bonne traversée et nous avons été très heureux de ne rencontrer aucun sous-marin. Je compte arriver à Essonnes le 5 ou le 6 au plus tard pour 50 jours de permission. Je compte donc aller faire un petit voyage à Mézières. Aussitôt que je serais décidé, je vous préviendrai. Pour le moment, la santé est bonne et je souhaite que cette carte vous trouve tous de même. Je ne vois plus rien à vous dire et je vous embrasse tous en attendant le plaisir de vous voir. Votre petit-fils et Neveu qui vous aime. "
envoi du 10 août 1915
" Chère Mère. Ne t'inquiète pas je suis toujours en bonne santé et tu peux être sûre que je ne suis pas malade, jamais la chaleur ne m'a rien fait. Jamais de coliques, ni rien du tout. Mais tu sais, c'est dur, mais tu sais, j'ai le coffre solide et nous, nous tenons tête à tous les Algériens. pourquoi te faire du mauvais sang, puisque je te dis toute la vérité. a quoi cela me servirait-il de te cacher quelque chose ? A rien ! Moi je ne me cache point. Je devais partir et j'étais même nommé et il arrive contre-ordre. Il n'y a plus assez de troupe à Tunis. Nous attendons des renforts de France. Suivant les lois, je ne suis pas encore parti de Tunis, si on applique les lois. Demain, le 11, il arrive 245 volontaires et il doit en revenir 400 dans le courant du mois. Il faut les habituer au climat et les entraîner. Tous ceux qui ne sont pas encore été au front doivent partir les premiers et après on prend par classe. Vois-tu j'ai très bien reçu tes 100 fr, je suis dégouté du rata à la ... " suite sur la prochaine carte postale.
envoi du
10 août 1915 (suite)
" ... mode indigène. Ca ne vaut pas tes bonnes frigousses auxquelles on disait il y en bien pour 6. Je voudrais bien revoir ce temps-là. Mais ne te chagrine pas, je pense toujours à vous tous, vous êtes toujours ma seule espérance et j'espère bien que des jours viendront nous faire passer les visions de cette horrible guerre. Je ne m'ennuie pas encore de trop car je sais que vous n'êtes pas toujours seuls. Les enfants sont toujours là pour vous faire passer le temps. Mais moi tout seul sur une mauvaise paillasse. Je sais que je dois faire mon devoir et je n'y faiblirai point. Enfin, que veux-tu ? Je suis très content et très heureux que les pommes de terrre que j'ai planté vous en avez récoltés beaucoup. Si le père a du mal à cet âge et en arriver là, c'est terrible, mais en tout cas, il a fait plus que sa force et cet hiver vous ne serez toujours pas comme de pauvres malheureux qui seront rongés par la faim et le froid. Quand (on) est jeune, on ne pense pas à l'avenir mais il arrive des jours ou on est bien content d'avoir eu des parents. Et là, on sait bien le comprendre. Je suis très content car je me suis délaissé par aucun de la famille. Je reçois des nouvelles de ma grand-mère. Cette pauvre vieille, je lui écris tous les 10 ou 12 jours ; de l'oncle François ; de ma marraine ; à tous les courriers je reçois une lettre ; Louis aussi ; René de temps (en temps) seulement. Je sais comprendre que quand on est surmenés comme ils le sont, avec la bonne volonté. Enfin, tu vois la famille, les copains songent toujours aux absents. Une chose que je vous recommande, ne pas vous laisser manquer de rien, si on mange de l'argent qu'on en revienne on s'est déjà bien relever eh bien je serais encore là. Je veux que Marie et ses enfants, dès les premiers jours de septembre, retourne coucher à la maison, cela fera moins de chauffage et la fripouille n'aura toujours rien à dire. Vous aurez toujours une compagnie. Bien le bonjour à toute la famille et à tous les copains de ma part. Embrasse bien les enfants pour moi et corrige les quand ils le méritent. Embrasse bien le Père pour moi et crois en ma parole. Je dis la vérité. Ton fils pour la vie. "
envoi du 17 août
1915
" Chers parents, chère soeur, neveux et nièce. Excusez-moi si je ne vous écris plus souvent. Comme il y avait un départ, je voulais être fixé avant de vous écrire. Nous avons un 4° départ, heureusement que nous avons reçu 240 hommes de renfort de France, avec ce coup-là, je reste encore à Tunis. Pour le moment, cela va très mal en Tripolitaine, 3 batteries d'artilleries, 5 escadrons de chasseurs d'Afrique, du train des équipages, il doit partir 2 bataillons de Zouaves. Mais nous savons pas de quel régiment. D'après les rumeurs il y a une forte révolte. Au moins 30000 arabes auraient franchi la frontière. Seulement on a envoyé de suite les Joyeux* et les disciplinaires de Gabès et de Sfax. Pour le moment, je suis toujours en bonne santé et compte encore rester une quinze à Tunis. " *Joyeux : soldats des BILA (renseignement transmis par une internaute)
envoi du 17 août
1915
" Chère soeur. Excuse-moi si j'ai laissé passé ta fête sans t'écrire. Nous avons tellement de soucis en ce moment. Reçois donc mes meilleurs voeux et une bonne fête. Je pars définitivement lundi à midi de Bizerte pour l'Orient. Je vous tiendrais au courant des affaires. Ecrivez 2 ou 3 fois par semaine car les correspondances mettent au moins une douzaine de jours. Embrasse bien les enfants et toute la famille. Ton frère pour la vie. "
envoi du 15
octobre 1915
" Je viens de recevoir vos deux lettres et votre colis. Je suis été très content d'avoir eu de vos nouvelles et de vous savoir en bonne santé. Moi je suis toujours en bonne santé et je ne m'en fais pas. Je compte partir pour la Serbie. Quand tu recevras cette lettre, je serais déjà en train de faire la chasse à l'homme. Mais ne vous désolez pas, le ravitaillement ne se fait pas trop mal. Nous aurons des jours plus mauvais. En ce qui concerne l'argent, vos 20 fr sont grugé car nous pouvons encore (nous) ravitailler un peu. Nous concentrons des masses importantes, la plupart sont des régiments de l'Est. Donnez de mes nouvelles à toute la famille de ma part et embrassez bien les enfants pour moi. Envoie mon adresse à tous. Votre fils qui vous embrasse tendrement. "
envoi
du 29 novembre 1915
"
Chers parents,
chère soeur, neveux et nièce.
Quelque mots pour vous rassurer, je suis toujours en bonne santé. Ce ne sera plus la peine de m'envoyer de l'argent, maintenant nous touchons 4 sous par jour et comme nous ne pouvons acheter que du lait concentré à 1f25 la boîte c'est suffisant. Comme nourriture, ça commence à aller, nous avons un quart de bouillon de boeuf, un bout de brioche avec des choux, des haricots avec du mouton ou de la chèvre, un quart de vin à chaque repas, café matin et soir, comme dessert nous nous faisons griller une tartine de pain. c'est la guerre, que voulez-vous ? Nous avons touché hier un chandail de laine avec un passe-montagne. Il était tant car nous couchons dehors enroulé dans notre couvre-pied. On nous a enlevé nos couvertures pour les hôpitaux et défense de monter les guitounes, ni de faire du feu la nuit, alors il était temps. Vous m'enverrez une nouvelle pipe, j'ai perdu la mienne. Pour le moment, les bulgares ne sont pas bien terribles nous sommes à peu près tranquille, mais comme on travaille 2h à creuser les tranchés, 2h de repos, le jour comme la nuit, et de veille constamment. Nous avons encore de belles journées mais les nuits, il gèle déjà très fort. Je ne vois plus grand chose à vous dire pour le moment. Bien des choses à toute la famille et embrassez bien les enfants pour moi. Votre fils qui vous aime. "
envoi du 14 janvier 1916
" Cher
neveu, je te
remercie beaucoup de tous les voeux que vous formez pour moi. Moi aussi
je voudrais
bien voir la fin de cette terrible guerre. Je commence à en avoir assez aussi. Je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé. Moi je me porte toujours bien et je désire que cette carte vous trouve de même. Je compte peut-être aller en permission dans 2 mois. Enfin espérons. Embrasse bien toute la famille pour moi et sois mon interprète auprès de toute la famille. Ton oncle qui te serre la main. "
envoi du 2 mars 1916
" Chers parents, je profite d'un moment pour vous écrire. Nous avons un temps terrible, il tombe de l'eau à sceau. Les guitounes sont à moitié remplies d'eau. Tout ce que l'on avait fait est effondré par la pression de l'eau. Les ravins sont changés en véritables torrents. Nous avons de l'eau à des endroits jusqu'aux genoux. Au moment ou je vous écris le temps est calme. tout le monde s'occupe de son fourbi et l'on chante "Vive messieur le Maire, la fête continue ". faites pas de mauvais sang. Bonjour à tous. "
envoi du 6 mars 1916
" Chers parents, je viens de recevoir votre lettre recommandée avec 50 fr et votre colis. j'en suis été très enchanté. je suis content de savoir que René a reçu ma pièce de 50 centimes serbe. Avez-vous reçu deux autres lettres, l'une avec un sous turc, l'autre avec un sous bulgare. tant qu'aux bagues, je suis entrain de les faire. je vous enverrai en même temps des pièces serbes, bulgares, turcs. Je me suis occupé pour Delabriere, lui se trouve à Salonique et moi, je suis à côté de la 22° section. Tu me dis de faire une demande à Mr. Darblay, eh n'y compte pas, je ne suis pas de ceux-là, je fais mon devoir et si je reviens comme je l'espère je pourrais jeter ça à la face de ceux qui voudront critiquer le dédain que tous nous ...." suite sur la prochaine carte
"...
devons avoir
pour ces hommes inutiles et lâches. Je suis un homme et plus tard je ne
veux pas rougir de mon passé.
Je vous avais parlé de permission, je suis en demeure de vous dire que je n'y compte plus car notre convoi de départ a été coulé sur la Provence, alors jusqu'à nouvel ordre les permissions sont suspendues et ce qui fait encore plus, c'est que l'on doit renvoyer de France des jeunes gens des classes 10, 11, 12, 13, 14, 15 pour renforcer et nous, nous serions renforcer par les Serbes et les territoriaux. Je vous donne cela sous toutes réserves, mais d'après les coups portés contre Verdun il n'y aurait rien de drôle. Enfin ne m'envoyez plus d'argent car nous ne pouvons l'utiliser. Nous sommes toujours dans les mêmes conditions, nous travaillons toujours et nous nous faisons pas de bile. Que veux-tu, j'aurai bien été content de vous voir tous mais le devoir avant tout. Enfin, chère soeur soutient toujours les vieux parents et recommande leur de ne pas se faire du mauvais sang pour moi. J'ai reçu également des nouvelles de Paris me donnant des nouvelles de Louis et de toute la famille. J'en suis été très content. D'après les opérations de Verdun, est-ce que René est parti de Montereau ? Ecris-le moi de suite et donne-moi des détails. Maintenant qu'allons nous faire, je l'ignore, mais s'il se provient quelque chose je vous tiendrai au courant. J'ai fais la connaissance d'un sergent du génie qui a habité Essonnes longtemps et qui est de ma classe et qui pour le moment habite Mantes. C'était un grand copain à Louis Mignon et à Denis le quincailler. Maintenant nous sommes deux pays. Enfin chers parents, courage et espérance, en avant et toujours en avant, voilà la devise d'un Français et non d'un renégat. Bien le bonjour à toute la famille et embrassez bien les enfants pour moi. "
envoi du 17 mai 1916
" Chère Soeur, remercie beaucoup de ta carte mais de la graine de poilus, tu sais on n'en sème pas beaucoup. Dans notre bled, depuis le mois d'octobre que nous n'avons pas vu une femme, ça commence à bien faire. Dans ce moment les marmites tombent dans notre coin mais ne t'en fait pas. "
envoi du 15 juin 1916
" Graine de poilu, j'ai été très content de ta carte et te remercie beaucoup. Je t'envoie bien le bonjour. Tu m'enverras une paire d'espadrilles. Par lettre au repas, j'avais oublié de vous dire que je suis au repos dans le Ravin de Gavalaney pour 10 jours. J'ai quitté la légion le jour de la relève et je suis à la compagnie. Embrasse bien René et Germaine pour moi. reçois de ton oncle ses meilleurs baisers. Mets-moi des enveloppes en masse. "
envoi du 14 juillet 1916
" Ne soyez pas
contrarié si je ne vous écris pas plus souvent. Je crois que vous devez
avoir des nouvelles * petites
carrioles à deux roues surtout utilisées en Afrique du Nord, (renseignement transmis par une
internaute).
envoi du 14 juillet 1916
"
René, quelques mots. Nous
devons changer de secteur. Soi-disant que nous devons aller du côté de
Monastir, Florina.
envoi du 14 juillet 1916
" Chère soeur, je vais t'expédier un petit colis qui va contenir 2 portes-feuilles, 2 boîtes à cigarettes en plus de cigarettes grecs. Ces cigarettes (sont du) tabac du Levant, il faudra en faire fumer une à mon neveu René. Il y a un porte-feuille pour mon beau-frère et une boîte à cigarettes, un porte-feuille et une boîte pour mon neveu. Je te mets mon carnet et des papiers qui me concernent. Tu me feras réponse si vous recevez tout en bon état. Comme je te le dis, l'autre carte aussitôt qu'il y aura du nouveau, je vous le ferais savoir. Ne t'inquiète pas, je suis toujours en bonne santé. Quoi il arrive, je te le ferais savoir, d'abord à toi, afin de ne pas brusquer les parents. Enfin pas de mauvais sang, je suis toujours en cottance ? Mais tu parles, qu'est-ce qui dégringole en fait de (mata...?) . Pour les photos, le copain qui devait nous prendre est vacciné, alors peau de zobi. Quand je trouverai l'occasion, je ne la laisserai pas passer. J'ai pris mes dispositions d'enveloppes. Pas drôle, il y a 15 jours que nous n'avons pas eu de courrier. Moi j'écris tous les 3 jours, ne sois donc pas inquiète. Enfin embrasse bien les enfants et Parents. Bien le bonjour à toute la famille. Ton frère qui t'aime. "
envoi du 26 août 1916
"
frère, soeur,
ne te trouve pas surprise, je suis été 5 ou 6 jours sans écrire, j'ai été obligé de passer la torture de la fièvre. Mais ça ne m'a duré que 3 jours avec 38 et 39 degrés. Enfin, que veux-tu, surtout n'en parle aux vieux parents parce que cela les tourmenterai. Demain, on descend au repos, on parle d'un départ pour Monastir, sous toute réserve. Maintenant, à l'occasion de la Ste Marie, je t'envoie tous mes voeux et une bonne santé ainsi qu'à ta prtite Louisette. celle-là, je ne sais quelle ne sera pas sa marraine d'un xxx manque ce sera un poilu qui sera le parrain. (??) Embrasse bien les enfants et souhaite bien le bonjour à René. Ton frère qui t'aime. "
envoi du 10 septembre 1916
" Chers parents, rien de neuf, toujours aux éclopés sans me faire de bile. ce qui me tourmente le plus, c'est que je n'ai pas de nouvelles depuis 1 mois avec tous ces fourbis. Enfin j'espère que mes lettres vous trouveront en bonne santé. Je ne puis rien vous dire du front, nous ne savons rien, rien en Grèce, tout est calme aux prix de ces jours derniers. Voilà les pluies qui vont faire leurs apparitions. voilà 3 jours ou nous subissons des trombes d'eau mais (xxx). Pour le moment ne m'envoyez rien, je ne sais pas encore comment je vais m'orienter. Je vous le ferai savoir. Envoyez une (xxx) de francs. Si je ne puis m'en servir, je vous les enverrai. Quand je voudrais quelque chose je vous ferai ma commande. Bien le bonjour à toute la famille et embrassez bien les enfants pour moi sans oublier la petite Louise qui nous fera manger les dragées après la guerre. "
envoi du 11 septembre 1916 ?
" Cher Eugène, tout le monde se porte bien et nous espérons tous que tu sois de même et que tu restes le plus longtemps posible où tu es. Mais ce quz nous voudrions ce serait que ces maudites fièvres se passe car tu dois souffrir. Nous n'avons pas de tes nouvelles depuis le 27 août. Le temps commence à devenir long. Enfin bonne santé. Ne te fais pas de bile à notre sujet. Les parents et les enfants ainsi que moi nous t'embrassons tous de xxx. "
envoi du 28 décembre 1916
" Chers parents, c'est avec plaisir que je viens de recevoir de vos nouvelles. pour le moment je suis toujours en bonne santé et je souhaite que ces quelques lignes vous trouverons de même. Dans ce moment, nous sommes montés en tranchées le 26. Vous savez, il ne fait pas chaud, nous sommes dans des marais et ce n'est pas le rêve. Tout à l'heure, j'ai été à la chasse. Tu diras à Bout de Zan que je n'ai rien tué. 140 tatas (?), vois de là si nous sommes jolis. Enfin que veux-tu c'est la guerre. J'ai reçu votre lapin le jour de la Noël et j'ai été très content. Toute ma correspondance m'arrive comme il faut. Vous ne m'en voudrez pas, cette fois-ci car il fait tellement froid que nous ne pouvons écrire. C'est que nous autres, nous n'avons pas de charbon dans les tranchées. Je crois que nous sommes dans une drôle de situation, nous devons changer de secteur dans quelques jours. Je ne puis vous en dire davantage, tout ce que je sais que nous serons encore plus mal, alors! Enfin ne vous faites pas de bile et on songe pas à la fin, dans 2 ans peut-être et encore... Moi je prends le temps comme il vient et je ne m'en fait pas. Je viens à l'instant de recevoir une lettre du 14 ou du 13 de Paris me disant que la marraine avait la grippe. Ce que j'ai prévu arrivera, nous ne sommes pas encore à la seconde partie et la fin sera plus trouble qu'on le pense, la Révolution peut-être. (!!!) Enfin, chers parents, recevez d'un vieux Zouave ces meilleurs souhaits. Votre fils, frère, oncle qui vous aime tous tendrement. "
envoi du 12 avril 1917
"
Chers parents,
ne vous inquietez pas, je suis toujours en traitement et je suis très bien soigné. Je suis proposé pour la France. Mais je ne sais quand nous partirons car pour le moment tout départ pour Toulon est suspendu momentanément. N'importe comment je suis toujours pour un bon mois à l'hôpital de Salonique. Enfin quoiqu'il arrive, croyez ce que je vous dis. Maintenant la température est normale, mais beaucoup de fatigues. Enfin pas de mauvais sang, je tiens le bon bout. Votre fils qui vous aime. "
envoi du 24 mai 1917
" Mon
vieux bout de
Zan,
je viens de recevoir ta lettre du 14 avril, je suis heureux de te savoir en bonne santé ainsi que tes frères et soeurs. Moi, la santé est bonne et je suis toujours au dépôt en attendant mes feuilles de convalescence. je ne compte pas partir avant la première quinzaine de juin. En tout cas je donnerai des nouvelles de temps en temps. Seulement de ton côté, il va falloir me faire voir ton travail et tu sais si toutefois ça ne me plait pas gare la castagne. En même temps tu diras à René qu'il peut apporter son porte-monnaie car tu sais je suis à peu près fauché. Et tu (xxx) pas le moment de faire de la rouille autrement ça pourrait bien. Tu donneras bien le bonjour à ton (xxx) pour moi. Embrasse bien toute la famille pour moi et reçois de ton oncle une bonne poignée de main et attention ouvre l'oeil et le bon. "
envoi du 5 juillet 1917
" Mon vieux Bout de Zan, je viens de recevoir 2 lettres dont une avec 20 fr. Je commençais à désespérer, il y avait déjà 2 mois que je n'avais rien reçu. Je suis toujours en bonne santé et je souhaite que vous soyez tous de même. J'attends toujours mes feuilles mais je ne désespère pas, c'est toujours autant de gagné. Ce qui nous retarde ce sont les départs des mineurs. Enfin ne t'en fais pas puisque je suis sûr de ne pas remonter en ligne. Aussitôt que je serais avisé je vous le ferais savoir. Ta mère me parlait komman ? Qui est sur le Divona (?) dit lui que j'ai eu l'occasion de voir ce bateau mais que maintenant des camarades je n'en ai plus. Maintenant je suis devenu philosophe, que veux-tu après bientôt 3 ans ont tiré sur le sauvage en plein (??). Embrasse bien tes frères et soeurs, parents et grands-parents et reçois de ton oncle une cordiale poignée de main. "
envoi du 12 juillet 1917
" Cher père, tu dois t'en faire du mauvais sang, je n'en doute mais patiente encore. Je pense partir avant peut (être) fin de juillet. Aussitôt que je serai débarqué, je vous enverrai une dépêche. En tout cas tâche de faire des économies car tu sais je compte au moins 45 jours. Bien des choses à mon oncle Louis et toute la famille de ma part. Ne voyant plus rien à t'apprendre, reçois de ton fils une cordiale poignée de main. "
envoi du 12 juillet
19??
" ça chiai de ce coin ( à dire behec) (??!!) sur les murs, écriture turc. Chère soeur et beau-frère, neveux, nièces, chers parents. Je viens de recevoir votre dernière lettre du 19 juin. Laquelle me dit que vous n'avez rien reçu depuis le 24, je suis tout confus car j'écris régulièrement tous les 3 ou 4 jours. Vous oubliez sans doute que la censure est là. enfin je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé, petits et grands et je suis content que René soit rentré à l'usine il y en a assez sans lui. Moi, je ne me fais pas de bile, pour le moment la guerre peut bien durer, j'attends toujours c'est autant de avril à fin de juillet plus août septembre. Ne vous faitres pas de mauvais sang et surtout pas de blagues (à dire zobi) (??) Dit à René qu'il fasse son possible pour revoir Savettes et Perrin car j'ai l'intention de gratter quelques temps aussitôt mes affaires terminées (???). Console bien les vieux parents, dis leur qu'ils ne se fassent pas de mauvais sang car regarde si j'étais parti en France en mai, je serais déjà parti sur le front. Le hasard, que veux-tu, tu es bien drôle. Le destin nous apprendra l'avenir. En tout cas le meilleur moyen c'est de faire comme la chanson "à quoi bon s'en faire". Ton frère qui vous aime tous. "
envoi du 13 juillet 1917
"
Chers parents,
étant certain que vous allez recevoir des lettres de camarades du front adressées à mon nom, je vous recommande de ne pas les décacheter en quoi que ce soit. plus tard, je vous dirai le pourquoi (vous avez qu'à comprendre en camarades) (!!). Je compte donc sur votre discrétion. Moi ça roule, toujours rien de neuf si ce n'est que nous avons eu un mistral qui nous a aveuglé de poussières. Vous pouvez recommandre à André dit le député des longs museaux, directeur des longues oreilles (!!!) à ce que je lui ai déjà dit autrement il pourrait lui en cuire pour sa peau. Votre fils, frère et oncle qui attend avec impatience le plaisir de vous revoir. "
Lettre sans date
envoi du 15 juillet 1917
" Chers parents, mes papiers sont arrivés. Je compte partir d'un jour à l'autre. Le tout compris me fait 51 jours. Je vous embrasse tous, petits et grands, votre fils. "
envoi du 21 octobre 1917
" Chère Germaine, je viens de recevoir de ton bureau ta lettre. je suis très heureux de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille. Tant qu'à moi, la santé est très bonne et dit bien à ton grand-père et grand-mère qu'ils n'ont pas besoin de se faire du mauvais sang. Depuis mon entrée à l'hôpital, jamais je n'ai eu aucun accès. (?) Je suis très heureux que tu es pu trouver quelque chose à seule fin de te perfectionner dans ta future profession. Je te souhaite de réussir, de satisfaire tes patrons le mieux que tu pourras à seule fin d'obtenir de très bonnes références pour plus tard. En effet, je vois que ça te fais beaucoup de chemin, mais que veux-tu, il faut un commencement à tout. Le principal est de toujours écouter les bons conseils et de laisser les mauvaises fréquentations. Je suis content que Louisette soit toujours en bonne santé tant qu'André, je pourrais peut-être bien lui tirer les oreilles avant peu. Ne voyant plus rien à te dire, reçois de ton oncle tous ses baisers affectueux. "
envoi du 12 novembre 1917
" Chers parents, quelques mots pour vous donner des nouvelles. Pour le moment ça va toujours. Aujourd'hui je suis proposé pour sortir jeudi 25. Je dois passer la première commission samedi. Je vous donnerai les résultats. En tout cas ne vous faites pas de mauvais sang, la santé est toujours bonne et je souhaite que cette carte vous trouve de même. Je vous tiendrai au courant de la situation. Embrassez bien les enfants pour moi et bien le bonjour à toute la famille de ma part. Votre fils pour la vie. "
envoi du 17 novembre 1917
" Chers parents, je viens de recevoir votre dernière lettre qui contenait les 10 fr. Mais maintenant, il sera inutile de m'envoyer de l'argent tant que je ne vous en demanderait pas car je travaille tous les après-midi dans une école d'horticulture. J'écosse des haricots, je bêche, en fin je passe le temps. Je touche 1fr20 par jour, alors ça biche. La santé est toujours la même, ne vous faites pas de mauvais sang et je souhaite que vous soyez de même. Rien de nouveau au sujet de mon départ, peut-être 8 ou 15 jours. Il ne faut pas vous en faire. Je vous embrasse tendrement. Votre fils pour la vie. "
envoi du 11 juillet 19??
" Cher René, quelques mots. Toujours la même chose. Hier a commencé l'arrivée des convalots comprenant 30 jours et 21 jours de permission. Mon vieux bouffi, tu peux toujours apprêter ton porte-monnaie car tu sais qu'est ce qu'on va se mettre dans les lampions, alors tant pis pour le buhe ? Tu peux toujours dire à André qu'il peut ses oreilles, qu'est ce que je vais y passer et tu sais si Germaine ne me plait pas, j'aurai bientôt fait de lui donner une rouste. Aussitôt arrivé à Marseille, je t'enverrai une dépêche. Celui qui te la serre. "
Lettre du 1 juillet 1918
Lettre 1918 ?
Lettre du 6 juillet 1918
Lettre du 6 juillet 1918
Lettre du 10 juillet 1918 depuis Cerisiers ?
Lettre du 2 août
1918
Lettre du 4 août 1918
Lettre du 8 septembre 1918
Lettre du 15 septembre 1918
envoi du 12 octobre 1918
" Notre délégué en Allemagne a vu le soldat or domaine (?) Bonneau Eugène le 29 sept au camp de Granduz. Il n'avait pas encore reçu de nouvelles de vous. "
Lettre du 29 octobre 1918
Mes recherches généalogiques actuelles ne m'ont pas encore permis de mieux connaître la destinée du frère de mon arrière grand-mère. A suivre donc ... Retour Correspondances |